Maurice : L’île qui donne envie de créer

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◆ L'essentiel en 30 secondes

  • Maurice ne possède pas un seul langage créatif : Son identité s’est construite au croisement de multiples héritages, qui continuent aujourd’hui de se répondre.
  • La création dépasse largement les ateliers : À Maurice, elle se retrouve dans l’art, bien sûr, mais aussi dans la cuisine, l’architecture, la musique, les matières et les savoir-faire.
  • L’île n’inspire jamais deux personnes de la même manière : Un même paysage peut devenir une toile, une photographie, une assiette ou le point de départ d’une architecture.

Il y a des paysages que l’on photographie. D’autres qui donnent envie de prendre un crayon, de cuisiner, de construire, de composer.

À Maurice, la création est partout. Elle s’accroche aux murs, se glisse dans les assiettes, se reconnaît dans une étoffe, une maison créole, quelques notes de séga ou la manière dont un jardin a été dessiné. On pourrait facilement attribuer cette profusion à la beauté de l’île, mais ce serait oublier l’essentiel car Maurice n’inspire peut-être pas seulement par ce que l’on y voit, mais par tout ce qui s’y rencontre.

Une île faite de plusieurs mondes

Sur un territoire que l’on traverse en quelques heures, les influences africaines, européennes, indiennes et chinoises se côtoient depuis des générations. Elles ne vivent pas seulement dans les livres d’histoire. Elles sont là, dans les langues que l’on entend au détour d’une conversation, dans les temples, les églises et les pagodes, dans les marchés, les fêtes et surtout dans les cuisines :

  • Un même déjeuner peut raconter plusieurs continents
  • Une recette voyage d’une famille à l’autre, change d’épices, emprunte un geste, conserve un souvenir
  • Une architecture venue d’ailleurs s’adapte au climat tropical. Une mélodie traverse les générations et se réinvente.

À Maurice, créer signifie souvent assembler sans effacer, et c’est peut-être là que réside une partie de son pouvoir d’inspiration.

Quand la lumière entre dans l’atelier

Puis il y a la lumière… Celle qui fait hésiter le lagon entre plusieurs bleus au petit matin. Celle qui dessine chaque relief avec une précision presque irréelle à midi. Celle, enfin, qui adoucit les montagnes lorsque le jour décline.

Pour un peintre, un photographe, un architecte ou un designer, elle change constamment la perception des matières et des couleurs, mais chacun la regarde différemment.

Pour l’artiste mauricienne Daphné Domhun, ce regard passe notamment par la couleur, la végétation et les émotions de son île. Des éléments qui nourrissent son univers et que l’on retrouve jusque dans l’œuvre imaginée pour Legend Hill.

À découvrir dans cette édition : Comment raconte-t-on une île sans utiliser les mots ?
→ Lire la conversation avec Daphné

La créativité se goûte aussi

À Maurice, l’inspiration ne reste pas longtemps enfermée dans les ateliers, elle passe en cuisine. La gastronomie mauricienne raconte à sa manière l’histoire de l’île : des produits tropicaux, des épices, des techniques et des recettes héritées de plusieurs cultures qui, au fil du temps, ont fini par former un langage bien à elles.

C’est aussi ce qui rend l’île passionnante pour des chefs venus d’autres horizons. Ils arrivent avec leur mémoire, leurs gestes, parfois leurs certitudes. Puis ils rencontrent un produit, une épice, un pêcheur, un maraîcher, une façon différente de cuisiner. Et la recette prévue au départ n’est plus tout à fait la même.

C’est dans cet esprit que Glenn Viel a imaginé l’univers gastronomique de Legend Hill : non pas transposer à Maurice une cuisine pensée ailleurs, mais laisser l’île entrer dans l’assiette. Produits, saveurs et inspirations locales donnent ainsi à chacune de ses tables une manière différente de raconter Maurice.

Car Maurice n’efface pas ce que l’on apporte, elle le transforme au contact de ce qui existe déjà. Juste assez pour faire naître autre chose !

Créer sans voler la vedette au paysage

L’architecture rencontre le même défi. Comment dessiner lorsque la montagne, le lagon et la végétation ont déjà composé le décor ?

À Legend Hill, le paysage n’est pas un décor que l’on observe de loin, il entre dans la composition du lieu. Les lignes de l’architecture, les matières, les œuvres et les perspectives répondent à ce qui l’entoure, avec Le Morne et le lagon comme points de repère.

L’art n’est alors plus seulement ce que l’on accroche à un mur. Il peut être :

  • Une matière choisie pour sa façon de prendre la lumière
  • Une œuvre que l’on aperçoit en passant
  • Une assiette inspirée par un produit de l’île
  • Une perspective qui conduit naturellement le regard vers Le Morne

Des détails que l’on ne remarque pas nécessairement tous… Mais que l’on ressent.

Une île, mille façons de la raconter

C’est peut-être finalement ce que les créateurs viennent chercher ici ! Pas une carte postale à reproduire, une matière à interpréter. Maurice offre ses couleurs, ses contradictions, ses héritages, ses paysages et ses rencontres… À chacun ensuite d’en faire quelque chose qui lui ressemble.

Alors, dans une œuvre, une assiette ou un lieu imaginé ici, il reste presque toujours quelque chose de Maurice. Parfois évident. Parfois imperceptible. Mais jamais tout à fait absent.

Vivez la légende…