Comment raconte-t-on l’île Maurice sans utiliser les mots ?

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◆ L'essentiel en 30 secondes

  • Maurice, bien au-delà du bleu : Pour Daphné, l’île est d’abord verte, façonnée par une végétation omniprésente.
  • Raconter l’île autrement : Une couleur, un feuillage ou une atmosphère peuvent parfois suffire à évoquer Maurice.
  • Créer avec ce qui nous entoure : À Maurice, la nature, les couleurs et les détails nourrissent naturellement la création.

Rencontre mauricienne : une conversation avec Daphné Doomun

Comment raconte-t-on l’île Maurice sans utiliser les mots ?

On découvre souvent l’île Maurice par ses paysages. Le bleu du lagon, les reliefs, les plages, cette lumière qui change au fil de la journée. Daphné Doomun, elle, la regarde depuis toujours avec les yeux d’une artiste.

Franco-mauricienne, elle puise son inspiration dans une autre facette de l’île : sa végétation foisonnante, ses verts profonds, ses fleurs et cette nature tropicale qui s’impose partout au regard. Un univers qui nourrit son travail et s’est également invité à Legend Hill, où l’une de ses créations dialogue aujourd’hui avec le paysage qui l’a inspirée.

Avec Daphné, nous avons voulu comprendre comment on raconte l’île Maurice lorsque, plutôt que les mots, on choisit les couleurs.

Portrait de Daphné

Maurice en une couleur ?
Vert profond. Celui d’une végétation dense et généreuse, omniprésente dans les paysages de l’île.

Maurice en un parfum ?
Un mélange délicat de notes florales fraîches. Ces parfums qui accompagnent naturellement les jardins et la végétation tropicale.

Maurice en un son ?
Le chant des oiseaux. Celui qui accompagne la nature et compose une partie de l’atmosphère de l’île.

Maurice en un mot ?
Mystérieuse. Parce que derrière ce que l’on découvre au premier regard, Maurice conserve toujours une part que l’on ne connaît pas encore.

Quand tu penses à Maurice, quelle est la première image qui te vient à l’esprit ?

Avant tout, la luxuriance de sa végétation.

C’est une profusion naturelle qui s’impose immédiatement au regard. À Maurice, la végétation est partout : dans les jardins, sur les reliefs, au bord des routes. Elle accompagne les paysages et donne à l’île une grande partie de ses couleurs.

C’est probablement ce qui me vient en premier lorsque je pense à Maurice : cette abondance végétale, presque instinctivement associée à l’île.

Y a-t-il une lumière, une couleur ou un détail de l’île qui revient souvent dans ton travail, presque malgré toi ? Et comment cette inspiration a-t-elle pris vie dans ta création pour Legend Hill ?

Le vert, indéniablement. Il est devenu une sorte de fil conducteur végétal dans mon travail.

Et il n’existe jamais vraiment un seul vert. Selon les plantes, la lumière ou l’environnement, il prend une multitude de nuances. À force de vivre entourée de cette végétation, elle finit naturellement par entrer dans ce que je crée.

Pour Legend Hill, niché à flanc de montagne, il m’a donc semblé évident de faire écho à l’environnement qui l’entoure. J’ai travaillé les feuillages et les fleurs pour retrouver cette abondance tropicale dans l’œuvre.

Une autre manière, finalement, de faire entrer le paysage à l’intérieur.

→ Découvrir Legend Hill et son environnement

Si tu devais montrer Maurice à quelqu’un à travers une seule de tes œuvres, laquelle choisirais-tu, et pourquoi ?

Je choisirais sans doute Cueillette Tropicale. C’est l’œuvre qui, pour moi, capture le mieux l’abondance et l’essence végétale de l’île.

Elle ne représente pas nécessairement un lieu précis de Maurice. Et c’est justement ce que j’aime : il n’est pas toujours nécessaire de montrer un paysage pour raconter l’endroit dont il est né.

Une végétation, quelques couleurs, une atmosphère peuvent parfois suffire à faire reconnaître une île autrement.

Créer à Maurice, est-ce différent de créer ailleurs ? Quelle place le métissage de l’île occupe-t-il dans cette création ?

C’est difficile pour moi d’établir une comparaison, car mon ancrage créatif a toujours été ici. Mais il est difficile de vivre au milieu de cette richesse visuelle — la végétation, les couleurs, les paysages — sans en être nourri d’une manière ou d’une autre.

Et Maurice ne se résume évidemment pas à ses paysages. C’est une île faite de cultures et d’influences très différentes. Ce métissage ne dicte pas un style unique : il offre plutôt une immense bibliothèque de références dans laquelle chaque artiste peut puiser pour construire sa propre identité.

C’est peut-être ce qui fait toute la richesse de l’art mauricien : il n’existe pas une seule manière de raconter Maurice.

→ Découvrir comment l’île Maurice inspire ceux qui créent ici

Quand tu regardes l’art mauricien aujourd’hui, qu’est-ce qui te semble évoluer ou émerger ?

Je trouve qu’il s’affranchit de plus en plus du cliché de la carte postale pour raconter l’île de l’intérieur.

Les fresques murales immersives, les expositions dans des espaces alternatifs ou encore les hubs créatifs redessinent progressivement la narration locale.

De nouvelles façons de créer émergent et, avec elles, de nouvelles manières de montrer Maurice.

Si un voyageur voulait découvrir Maurice à travers l’art et la création plutôt qu’à travers ses paysages, où l’emmènerais-tu ?

Au-delà des lagons, je lui conseillerais de se perdre dans Port-Louis pour observer le street art.

Parcourir ses rues, regarder ses murs et découvrir comment les artistes s’approprient la ville, c’est aussi une autre manière de lire Maurice.

Le dernier regard

« À Maurice, je rêve de dodos. » Daphné Doomun

Vivez la légende…