Remontez le fil de quatre siècles de colonisation et de métissage : toute l’histoire de l’île Maurice, des premiers Hollandais à l’indépendance en 1968.
L’histoire de l’île Maurice se lit comme une succession de quatre grandes périodes : hollandaise, française, britannique, puis indépendante. Découverte sans habitants permanents, cette île de l’océan Indien fut baptisée Mauritius en 1598, devint l’Isle de France, puis colonie anglaise avant l’indépendance de 1968. De cette mosaïque coloniale sont nées une population métissée, une langue créole unique et un patrimoine classé à l’UNESCO. Voici les repères essentiels pour comprendre comment ce petit pays est devenu la nation que vous visitez aujourd’hui.
Les premiers colons de l’île Maurice furent les Hollandais. En 1598, l’amiral Wybrand van Warwijck accosta à Grand Port et nomma l’île Mauritius, en l’honneur du prince Maurice de Nassau. Pendant près d’un siècle, ces colons exploitèrent le bois d’ébène et introduisirent la canne à sucre, mais finirent par abandonner l’île en 1710. C’est durant cette période que le dodo, oiseau emblématique du pays, disparut.
La France prit le relais en 1715, rebaptisant l’île l’Isle de France. La Compagnie française des Indes orientales en confia ensuite l’administration au gouverneur Mahé de La Bourdonnais. Dès 1735, ce dernier fonda Port-Louis, traça des routes et bâtit les premières infrastructures. Cette empreinte française reste lisible dans l’histoire de l’île Maurice, de son architecture à sa langue.
L’île Maurice appartient à l’archipel des Mascareignes, aux côtés de La Réunion et de Rodrigues. Avant de porter son nom actuel, elle fut appelée Dina Arobi par les navigateurs arabes, puis Cirne par les Portugais. Le célèbre roman « Paul et Virginie », signé Bernardin de Saint-Pierre, se déroule justement sur cette Isle de France du XVIIIe siècle.
L’esclavage constitue la page la plus sombre de l’histoire de l’île Maurice. Sous l’administration française puis britannique, des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants furent arrachés à Madagascar, à l’Afrique de l’Est et à l’Inde, puis réduits en esclavage dans les plantations de canne à sucre, de café et d’indigo. Leurs conditions de vie étaient d’une grande brutalité. Il fallut attendre le 1er février 1835 pour que l’abolition britannique rende la liberté à environ 66 000 personnes asservies.
L’économie sucrière reposait pourtant toujours sur ces plantations. Les propriétaires firent alors venir des travailleurs engagés depuis les Indes, sous contrat mais dans des conditions souvent très rudes.
Entre 1834 et 1920, près d’un demi-million d’engagés indiens débarquèrent au dépôt de l’Aapravasi Ghat, à Port-Louis. Ces femmes et ces hommes, longtemps dominés, ont façonné l’identité du pays :
Cette histoire douloureuse nourrit encore la mémoire et la sensibilité de la société mauricienne.
La colonie britannique naquit en 1810, lorsque les Britanniques s’emparèrent de l’île au terme d’un affrontement avec la France. Le traité de Paris de 1814 entérina cette prise de possession, et les Anglais rétablirent le nom de Mauritius. Pourtant, ils conservèrent le Code civil français et la langue de leurs prédécesseurs.
Le chemin vers l’autonomie s’accéléra au XXe siècle. Porté par le parti travailliste et les élections, Sir Seewoosagur Ramgoolam mena le pays à l’indépendance le 12 mars 1968 et en devint le premier ministre. Maurice resta membre du Commonwealth, puis se proclama république le 12 mars 1992. Les familles Ramgoolam et Jugnauth ont depuis durablement marqué la vie politique mauricienne. Cette transition pacifique constitue un tournant majeur de l’histoire de l’île Maurice.
Le patrimoine mauricien raconte à lui seul toute l’histoire de l’île Maurice. Deux sites sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO : le Morne Brabant, refuge des esclaves et symbole de leur résistance, ainsi que l’Aapravasi Ghat, porte d’entrée des engagés indiens à Port-Louis. Cette mémoire se prolonge dans la langue créole, parlée par la quasi-totalité des Mauriciens, et dans une culture métissée aux influences africaines, indiennes, chinoises et européennes.

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Méthode : dates, noms et chiffres recoupés avec les deux fiches d’inscription du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO (Aapravasi Ghat et Le Morne) et avec le fonds du National Archives Department de Maurice, vérifiés en août 2026. Les estimations de population asservie et d’engagés varient selon les sources ; les ordres de grandeur retenus ici sont ceux des dossiers UNESCO.
Avi Rumjansing est entré dans l’hôtellerie mauricienne en 2002, caissier à l’Indian Resort. Vingt ans plus tard, après Les Pavillons, le Mövenpick et quinze années à l’Aanari Hotel & Spa comme Front Office puis Operations Manager, il tient la réception de Legend Hill. Titulaire d’un BSc in Management de l’Open University of Mauritius, c’est à lui qu’on demande la bonne heure de départ pour la route du thé.
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