Rencontre mauricienne : une conversation avec Jean-Baptiste Gobelet
Comment une île se transforme-t-elle sans perdre ce qui la rend unique ?
Il connaît les terrains de rugby, mais surtout ce qu’ils peuvent raconter d’une société. Ancien joueur professionnel de rugby à XV, double champion de France avec Biarritz et international français de rugby à 7, Jean-Baptiste Gobelet a vécu le sport au plus haut niveau avant que son parcours ne le mène de la France aux États-Unis, puis à Maurice.
Une île devenue bien plus qu’une étape professionnelle. Il y œuvre aujourd’hui au développement du rugby, y a fondé Academy of Sport Mauritius, mais y a aussi construit sa vie et regarde désormais ses deux filles y grandir.
À Maurice, le rugby lui offre un point de vue singulier sur une île en pleine évolution. Car faire grandir une discipline face à des traditions sportives déjà installées, c’est aussi apprendre à écouter, transmettre et bâtir sans simplement reproduire un modèle venu d’ailleurs.
Au fil des années, son regard s’est porté bien au-delà des lignes du terrain : sur cette capacité très mauricienne à faire cohabiter les différences, sur une jeunesse qui regarde de plus en plus loin et sur les ambitions qu’une petite île peut choisir de porter.
Avec Jean-Baptiste, nous avons voulu parler de rugby, bien sûr. Mais surtout de ce que le sport peut nous apprendre de l’île Maurice de demain.
Maurice en une valeur ?
L’ouverture. Une île qui évolue sans cesse, ouverte aux idées, aux talents et aux nouveaux projets. Sa capacité à accueillir des influences venues du monde entier tout en préservant son identité est, selon moi, l’une de ses plus grandes forces.
Maurice en une émotion ?
La sérénité. Un sentiment de calme, loin de la frénésie des grandes métropoles européennes ou américaines. Ici, je retrouve un équilibre qui permet de prendre du recul et de revenir à l’essentiel.
Maurice en un paysage ?
Le Morne. Un lieu fascinant, presque tellurique. Un paysage qui porte à la fois la puissance de la nature et une part profonde de l’histoire de l’île.
Maurice en un mot ?
Connectée. Au cœur de l’océan Indien, Maurice est un carrefour entre l’Afrique, l’Asie et le Moyen-Orient. Une île ouverte sur le monde, où circulent les cultures, les idées et les opportunités.
Ce qui m’a le plus surpris, c’est cette capacité à vivre ensemble malgré les différences.
À Maurice, plusieurs cultures, religions et traditions cohabitent au quotidien sans pour autant gommer leurs singularités. Chacune conserve son histoire et ses repères, tout en participant à quelque chose de commun.
Cette ouverture se retrouve également dans les relations professionnelles. Autour d’une même table se rencontrent des parcours, des références et des façons de penser très différents.
Je crois que cette capacité à faire de la diversité une force collective est l’une des grandes richesses de Maurice, et probablement l’une des clés de son développement.
Elle oblige d’abord à une forme d’humilité. On ne peut pas simplement arriver avec une vision et chercher à l’imposer. Il faut parvenir à faire émerger une vision commune.
Chacun apporte une part de son histoire, de sa culture, de son expérience et parfois une manière très différente d’aborder un même sujet. Tout l’enjeu consiste à créer les conditions pour que ces différences ne soient pas seulement juxtaposées, mais qu’elles nourrissent réellement le projet.
Je le vois particulièrement dans le sport. Sur un terrain, les origines et les parcours peuvent être très différents. Mais dès lors qu’un objectif commun existe, la diversité cesse d’être une différence à gérer : elle devient une force collective.
→ Découvrir une autre facette de l’île Maurice
Le développement du rugby montre justement que Maurice sait évoluer sans renier ce qu’elle est.
Nous n’avons jamais voulu importer un modèle étranger et le reproduire à l’identique. Il fallait imaginer quelque chose qui corresponde à une île, à sa population et à ses réalités.
C’est aussi pour cela que nous avons développé différentes formes de rugby — Touch, Sevens, Tens et XV — afin que chacun puisse y trouver une porte d’entrée, quels que soient son âge, son parcours ou sa manière de pratiquer.
Aujourd’hui, le rugby a trouvé sa place dans le paysage sportif mauricien. Il rassemble des publics très différents, crée des parcours pour les enfants dès l’âge de cinq ans et permet également à Maurice d’accueillir des événements internationaux.
Ce que je trouve particulièrement intéressant dans cette histoire, c’est qu’une influence venue d’ailleurs ne soit pas simplement restée étrangère à l’île. Elle a été adoptée, adaptée puis portée par les Mauriciens eux-mêmes.
→ Vivre l’énergie du Mauritius Sevens
Il faut venir avec de l’ambition. Je crois beaucoup à l’exigence, aux standards élevés et à une véritable culture de la performance. Mais rien de tout cela ne peut se construire sans comprendre le territoire dans lequel on arrive.
Il faut prendre le temps d’en saisir la culture, les rythmes et les personnes. Et surtout comprendre que rien ne remplace la confiance.
L’ambition et l’exigence ne s’opposent ni à l’écoute ni au respect. Au contraire, les projets les plus solides sont ceux qui parviennent à réunir les deux.
Pour moi, la réussite se mesure aussi à cela : les meilleurs projets ne sont pas ceux dont les Mauriciens deviennent simplement les bénéficiaires. Ce sont ceux dont ils ont envie de devenir les acteurs.
Je vois une génération de plus en plus familière des codes de la performance et naturellement ouverte sur le monde.
Les jeunes voyagent davantage, sont connectés aux nouvelles technologies et ont accès à des références qui dépassent largement les frontières de l’île. Mais surtout, je les vois oser rêver plus grand.
Notre responsabilité est de leur offrir un cadre dans lequel ce potentiel puisse pleinement s’exprimer : par l’éducation, le sport, la discipline, la transmission et l’ambition.
Je suis convaincu que Maurice a le potentiel pour devenir une référence sportive, à condition de considérer la jeunesse et le sport comme de véritables investissements pour l’avenir.
Parce qu’au fond, la taille d’un territoire ne devrait jamais déterminer celle de ses ambitions.
« À Maurice, j’ai découvert qu’une petite île peut porter de très grandes ambitions. Le ciel est la seule limite, à condition d’avoir de l’ambition et de cultiver une véritable culture de la performance. » Jean-Baptiste Gobelet
On vient pour un paysage. On se souvient souvent de tout ce que l’on n’avait pas prévu d’y trouver. Maurice se raconte facilement en images : un lagon, une plage, une montagne posée face à l’océan. C’est souvent ainsi qu’on l’imagine avant d’y arriver. Puis le voyage commence vraiment. On entend plusieurs langues au cours d’une même journée. On passe devant une église, un temple, une mosquée ou une pagode. On découvre des traditions venues de plusieurs continents et une génération qui invente les siennes. Car derrière la destination se trouve une île en mouvement. Une île qui accueille de nouvelles influences sans oublier celles qui l’ont construite. Plusieurs cultures, une même île À Maurice la diversité ne se visite pas, elle fait partie du quotidien. Les héritages africains, européens, indiens et chinois ont façonné une société où les cultures se côtoient depuis des générations. Elles ont apporté leurs langues, leurs religions, leurs cuisines, leurs fêtes et leurs façons de voir le monde. Et pourtant, l’histoire ne s’est pas arrêtée là. Les nouvelles générations voyagent, étudient ailleurs, reviennent parfois avec d’autres références. Des talents venus d’autres pays s’installent ou collaborent avec l’île. De nouvelles pratiques apparaissent. Des projets se construisent à la rencontre de ces regards. Maurice évolue ainsi par couches successives : elle accueille, adapte, mélange, sans nécessairement effacer ce qui était là avant. Une manière d’avancer qui se retrouve parfois là où on ne l’attend pas. Ce que le terrain raconte de Maurice Prenez le rugby ! Sur une île où le football et les courses hippiques occupent historiquement une place importante dans la culture sportive, le rugby à 7 s’est progressivement construit son propre espace. Avec lui sont arrivées d’autres références, d’autres rencontres et une culture particulière du collectif. Le développement de la discipline raconte alors quelque chose qui dépasse largement le sport : la manière dont une nouvelle influence peut trouver sa place dans une société qui possède déjà ses propres traditions. Jean-Baptiste Gobelet connaît bien cette histoire. Après la France et l’Afrique du Sud, l’ancien international français a poursuivi son parcours à Maurice, où il participe aujourd’hui au développement du rugby sur l’île. Mais ce qui nous intéresse ici n’est pas tant son palmarès que ce qu’un terrain lui a permis d’observer : des générations qui se rencontrent, des cultures qui apprennent à jouer ensemble et une jeunesse qui s’approprie progressivement une discipline pour en écrire sa propre version. À découvrir dans cette édition : Quand le rugby raconte Maurice→ Lire la conversation avec Jean-Baptiste Gobelet Une île qui regarde devant elle Cette capacité à absorber de nouvelles influences dépasse évidemment les terrains de sport. Elle se retrouve dans : la gastronomie, la création, l’hôtellerie, l’architecture ou l’entrepreneuriat Des savoir-faire venus d’ailleurs rencontrent ceux de l’île Des Mauriciens partis se former à l’étranger reviennent avec de nouvelles idées Des collaborations se créent entre des personnes qui n’auraient probablement jamais travaillé ensemble ailleurs Ce mouvement ne signifie pas que Maurice abandonne ce qu’elle était. Il raconte plutôt une île suffisamment sûre de son identité pour continuer à l’enrichir. C’est là que le voyage devient particulièrement intéressant. Parce qu’au-delà des paysages, on découvre une société qui ne se résume pas facilement : attachée à ses traditions et ouverte sur le monde, insulaire et profondément internationale, familière et surprenante à la fois. Construire avec l’île, pas simplement sur l’île Cette dynamique pose aussi une question à ceux qui viennent imaginer un projet à Maurice : comment apporter quelque chose de nouveau sans simplement reproduire ici ce qui fonctionne ailleurs ? La réponse commence peut-être par l’écoute, comprendre un territoire, rencontrer ceux qui y vivent, travailler avec les talents et les savoir-faire qui s’y trouvent. Accepter aussi qu’une idée initiale évolue au contact du lieu. C’est une réflexion qui accompagne l’histoire de MJ Développement à Maurice. Lorsque le groupe a imaginé Legend Hill sur les hauteurs de Rivière Noire, l’enjeu n’était pas simplement d’implanter un projet hôtelier dans un paysage spectaculaire, mais de créer une destination nourrie par ce qui l’entoure : ses talents, ses produits, ses artistes, ses équipes et sa manière de vivre. On retrouve cette rencontre dans différents détails du lieu : une œuvre créée par une artiste mauricienne, une cuisine internationale signée Chef Glenn Viel qui se nourrit des produits et inspirations de l’île, des équipes qui donnent au séjour sa personnalité. Le projet vient d’une vision. Le lieu, lui, la transforme. Quand le voyage devient un projet de vie Pour certains, Maurice restera le souvenir d’un voyage. Pour d’autres, l’île ouvre peu à peu une autre réflexion : et si l’on pouvait y vivre une partie de l’année, y entreprendre ou simplement y écrire un nouveau chapitre ? Car s’installer à Maurice ne se résume pas au choix d’une adresse. Il faut découvrir un territoire autrement, comprendre ses usages, son cadre de vie et les possibilités qui s’offrent à ceux qui souhaitent construire une relation plus durable avec l’île. C’est aussi l’un des rôles de MJ Développement : accompagner celles et ceux pour qui l’attachement à Maurice dépasse le temps des vacances, de la découverte du territoire à la concrétisation d’un projet immobilier et d’une nouvelle manière d’y vivre. → Découvrir les possibilités pour vivre et investir à Maurice Le voyage commence peut-être là Il est facile de repartir de Maurice avec des images : Le Morne au coucher du soleil, la transparence d’un lagon, une route bordée de cannes à sucre, une table qui s’attarde. Mais découvrir une île, c’est aussi comprendre un peu de ceux qui l’habitent et de la direction qu’elle prend. Maurice n’est pas seulement l’addition des cultures qui l’ont façonnée. Elle est aussi ce que les Mauriciens en font aujourd’hui et ce que les prochaines générations choisiront d’en faire demain. C’est peut-être là que se cache l’autre voyage, celui que les cartes postales racontent moins.
Profitez des journées les plus longues de l’année, d’une mer chaude et de l’esprit des fêtes : climat, activités et repères à l’île Maurice en décembre.
Repérez l’église au toit rouge de 1938, la vue sur le Coin de Mire et les plages voisines avant votre visite de Cap Malheureux, au nord de l’île Maurice.
La Plantation Marguery
Black River Mauritius
Tel : +230 5509 8168
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